Ouida Road : un itinéraire musical signé David Jacob
Ouida Road est le premier album du Yacouba Trio, une formation resserrée née d’un long cheminement musical. Porté par le contrebassiste David “Yacouba” Jacob, ce projet en trio mêle jazz des années 60, influences ethniques et musiques de film. Le tout dans une forme volontairement épurée. Après un long parcours aux côtés d’artistes venus du rock, du blues ou de la world, David Jacob s’inscrit ici dans une démarche plus personnelle. Ce disque prolonge une recherche musicale construite dans le temps, à distance des formats imposés.
David Jacob, un musicien aux multiples facettes
David Jacob est surtout reconnu comme le bassiste de Trust, formation majeure du rock français qu’il rejoint en 1996. Pendant plus de vingt ans, il accompagne le groupe sur scène et en studio, tout en menant d’autres projets parallèles. Musicien curieux, il collabore avec des artistes venus d’horizons variés, parmi lesquels Geoffrey Oryema, Ilène Barnes ou Ladell McLin. Ces expériences le confrontent à d’autres langages musicaux, du blues aux musiques africaines, en passant par la folk et la world music.

Au fil du temps, sa pratique évolue. En 2018, il recentre son jeu autour de la contrebasse, instrument qui devient progressivement le cœur de sa démarche. Plus qu’un changement d’instrument, c’est une autre manière de jouer, d’écouter, et de composer qui s’installe. Cette nouvelle orientation l’emmène vers des terrains plus personnels, à la croisée du jazz, du classique contemporain et des musiques de film. Une orientation qui reflète une recherche d’équilibre, entre exigence technique et sensibilité.
Le Yacouba Trio : rencontre entre jazz et racines
Le Yacouba Trio se compose de David Jacob à la contrebasse, Nicolas Noel au piano et Hakim Molina à la batterie. Ensemble, ils construisent un son équilibré, sans surcharge ni démonstration, en misant sur la précision et le dialogue. Le trio travaille dans une logique de sobriété : peu d’effets, peu de tension, mais un soin porté à la forme et aux nuances.

Les compositions originales témoignent d’une direction claire. On y perçoit des échos du jazz modal des années 60, une influence hard bop, et des couleurs inspirées de l’Afrique de l’Ouest. Certaines pièces sont aussi marquées par une dimension personnelle : « Why Tea » rend hommage à Yves Torchinsky, « Sunday Market » évoque un marché dominical en Normandie. Quant au morceau-titre, « Ouida Road », il s’ancre du côté du Bénin, en lien avec les origines familiales de David Jacob.
Ouida Road, une mémoire en mouvement
Le choix du nom Ouida Road n’est pas anodin. Ouidah, ville côtière du Bénin, porte en elle un poids historique et culturel, lié aux inspirations du musicien. Associée au mot “Road”, elle devient le point de départ d’un itinéraire musical. Le titre fait le lien entre un lieu et une trajectoire personnelle. Il donne une direction, sans imposer un sens unique.
Cette combinaison de termes installe un cadre discret mais présent. Ouida Road évoque autant un ancrage géographique qu’une manière d’avancer. “Road” suggère une forme de déplacement, de transition, voire de cheminement intérieur. Il renvoie aussi à une certaine manière d’écrire, pas à pas, morceau après morceau.
Chacun de ces titres fonctionne comme une balise, glissée dans le parcours du disque. Ils donnent à entendre une mémoire en mouvement, jamais figée. Chaque morceau semble répondre à un équilibre recherché, sans effets superflus.
« Hell Heaven Blues » et « LH », le trio donne le ton
« Hell Heaven Blues » est le premier morceau dévoilé. D’une durée de près de six minutes, il pose les bases : le jeu est rythmé et est soutenu par la contrebasse de David Jacob. Le titre s’installe progressivement, dans un climat feutré. On y perçoit le choix d’un équilibre, d’un son construit dans le temps. Le morceau ne cherche pas à capter l’attention, mais à laisser l’écoute se poser, sans urgence.
Le second titre, « LH », présente une autre facette du trio, avec l’intervention de Ludovic Louis au bugle. Sa présence apporte une couleur particulière qui prolonge le climat général du disque sans le détourner. Le groupe reste en place et l’invité s’intègre naturellement au tissu sonore. Ce morceau laisse également entendre une autre dynamique de jeu, un dialogue peut-être plus direct, sans rompre l’unité du trio.
L’essentiel sur la sortie de l’album
- L’album Ouida Road sort le 11 avril 2025 sous le label Deviation Records et distribué par PIAS. Il dure environ 40 minutes et se compose de huit titres ;
- Il est disponible en formats CD, vinyle et version digitale, sur toutes les plateformes habituelles (Spotify, Deezer, Apple Music…) et les disquaires.
- Les deux titres « Hell Heaven Blues » et « LH », extraits de l’album Ouida Road, sont déjà disponibles à l’écoute.
Pour suivre l’actualité du Yacouba Trio, rendez-vous sur le site officiel du groupe ainsi que sur les pages du label.
Crédits visuels – Photo David Jacob : Pierre Loiseau / Pochette de l’album : Bertrand Tondeur