Fairuz – Back to Baâlbek

Artist: Fairuz
Label: Deviation Records
Genre: World
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Tracks
1. A1 - El Bent Echalabeya
2. B4 - Laure's Lover
3. D3 - Ya Hneyna
About New Album

Double album gatefold dans une pochette écrin réalisée par Bertrand Tondeur, sortit pour le Disquaire Day 2022.

La diva Faïrouz

De son vrai nom Nouhad Haddad, elle est née dans le quartier Zokak el Blat de Beyrouth. Aînée d’une modeste famille maronite, elle se passionne très tôt pour le chant. Ses parents sont trop pauvres pour s’offrir le luxe d’une radio, alors, elle passe le plus clair de son temps à écouter, l’oreille collée au mur, celle des voisins. Nouhad retient vite les chansons qu’elle entend et en donne quelques échantillons lors des fêtes organisées par son école. C’est là qu’elle séduit par ses capacités vocales ses camarades et qu’elle se fera remarquer en 1947 par le compositeur Mohammed Fleyfel.

L’écho de sa voix veloutée parvient jusqu’à Halim el Roumi, dénicheur de talents, auteur-interprète renommé et directeur de la Radio libanaise, qui demande à l’auditionner immédiatement. Littéralement fasciné, el Roumi l’introduit dans la chorale de Radio Beyrouth, la baptise du nom de Faïrouz et devient son compositeur attitré. Ensuite, il la présente à Assi el Rahbani, un jeune compositeur avant-gardiste qui, en compagnie de son frère Mansour, souhaite renouveler une chanson libanaise sous profonde influence égyptienne.

L’adolescente Faïrouz succombe au charme personnel de Assi qu’elle épouse en 1954 et à celui de ses compositions (le couple modèle de la chanson arabe sera séparé par la mort du mari en 1986). Le trio paradisiaque provoque, dès la parution de ses premiers titres, une véritable révolution musicale. Les traditionnalistes hurlent au sacrilège et à la dénaturation tandis que les sympathisants du rajeunissement et de la modernisation du folklore libanais, lassés par les insipides ritournelles et les pâles copies, manifestent leur engouement.

En 1957, Faïrouz fait l’ouverture du Festival International de Baalbek (localité évoquée dans un de ses titres phare) et chante au milieu des six colonnes du temple romain. Cette rencontre initiale avec son public qui l’accueille chaleureusement lui vaudra le surnom de “septième colonne”. Face à ce fabuleux succès galopant, les Rahbani accentuent leur offensive et jouent courageusement la carte de l’innovation constante. Ils écrivent pour Faïrouz des sketchs musicaux, des opérettes et, de 1962 à 1976, une quinzaine de pièces de théâtre-chanté dans lesquelles elle tient le rôle d’une femme amoureuse de l’Amour, le vrai, le pur, l’innocent, et celui de l’espoir. Elle apparait également dans quelques films mais elle interrompt rapidement son odyssée cinématographique.

Elle constitue encore et toujours une des références majeures de la chanson arabe et bien de ses titres, comme Bint el Chalabia, sont fredonnés autant par la nouvelle génération que par l’ancienne.

Rabah Mezouane